NOMAD développe des techniques permettant de surveiller de près l’état de l’acier de cuve

2018-07-02

Du 13 au 15 juin, le SCK•CEN a réuni ses partenaires du projet de recherche européen « NOMAD » afin de peaufiner les détails des phases ultérieures. Avec ce projet, l’Europe aspire à garantir la sécurité et la fiabilité des réacteurs nucléaires de deuxième et troisième génération.

En ce moment, on dénombre près de 200 réacteurs nucléaires opérationnels en Europe. Suite à la décision de plusieurs pays européens de prolonger l’exploitation des centrales nucléaires, la sécurité de ces dernières est devenue une priorité pour l’Union européenne. « Avec le temps, l’acier de cuve se dégrade à cause des rayonnements ionisants. Il est donc important d’étudier ces changements et de savoir précisément les prédire. C’est pourquoi le projet Horizon2020 NOMAD a vu le jour », explique Madalina Rabung (Fraunhofer IZFP), coordinatrice du projet NOMAD.

Ce projet a été lancé en juin 2017 et rassemble une équipe multidisciplinaire de dix partenaires issus de sept pays différents en vue de développer un système d’évaluation innovant nous permettant de mieux comprendre l’état actuel des matériaux dans les réacteurs nucléaires individuels. Avec ce projet, l’Europe aspire alors à garantir la sécurité et la fiabilité des réacteurs nucléaires de deuxième et troisième génération. « Nous développerons une technologie avec laquelle nous exposerons des échantillons constitués du même matériau que la cuve du réacteur à des conditions d’irradiation réalistes et mettrons ainsi de nouvelles techniques d’évaluation à l’essai. En travaillant avec des échantillons, nous serons en état de les retirer à des heures fixes, ce qui nous permettra d’effectuer des contrôles réguliers. » L’objectif est de prendre soi-même des mesures dans la cuve du réacteur à l’avenir avec cette technologie.

Premiers essais au SCK•CEN

Le SCK•CEN, membre du projet NOMAD, a invité ses partenaires du 13 au 15 juin 2018 à se rendre sur son site à Mol afin de déterminer la première phase des essais. Ces essais seront effectués dans les installations du SCK•CEN. « SCK•CEN livrera, sélectionnera et mettra à l’essai les différentes sortes d’acier de cuve. Nous simulerons les conditions d’irradiation des réacteurs nucléaires existants dans notre réacteur de recherche BR2 dans le but d’étudier les matériaux en fin de vie », précise Inge Uytdenhouwen (SCK•CEN).

Après la réunion, les partenaires ont visité le Laboratoire de Haute et Moyenne Activité (LHMA), où les matériaux de réacteur et combustibles irradiés sont étudiés dans des cellules blindées. « Pendant le projet, nous soumettrons les matériaux d’acier de cuve irradiés aux nouvelles techniques d’évaluation, plus particulièrement aux essais non destructifs », clarifie Inge. « Les essais destructifs mesurent la façon dont changent les propriétés des matériaux en cassant les échantillons. Lors d’essais non destructifs, nous utilisons d’autres techniques telles que des ondes électriques et ultrasoniques et sommes ainsi capables d’étudier les échantillons sans les endommager. L’avantage de ces techniques est que nous serons en mesure de contrôler la paroi de la cuve du réacteur directement et de n’importe où. »

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Projet Horizon 2020
Le projet a reçu un financement du programme de recherche et de formation 2014-2018 de l’Euratom sous la convention de subvention n°755330.